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Posté par le 7 Juin, 2017 dans Romans et bandes dessinées | 0 commentaire

Un manga amusant, aux personnages diversifiés !

Un manga amusant, aux personnages diversifiés !

 

Par Amalia Greve Danielsen

 

Les mangas sont, à mon humble avis, la spécialité des Japonais. Ils maîtrisent très bien cet art, et tous les mangas et les animés que je suis, comme Bleach, Hunter x Hunter et Magi, sont d’origine japonaise. Cela explique pourquoi j’ai été si agréablement surprise lorsque j’ai récemment fait la découverte de Radiant, une série de mangas français. En fait, plus que surprise, j’étais littéralement soufflée ! Tony Valente, le mangaka, a su créer avec Radiant un manga qui rejoint le niveau des Japonais, tout en gardant une certaine touche française, un humour qu’on sent plus vrai, qui n’est pas passé par le filtre de la traduction. Demeurant à Montréal, Tony Valente a écrit jusqu’à présent les six premiers tomes de Radiant, qui sont publiés par les éditions Ankama depuis 2013. Il ne m’a fallu lire que le premier chapitre du premier tome pour me convaincre que j’étais tombée sur une excellente série ! « Oui, oui, on comprend que t’as aimé ça, mais de quoi ça parle, Amalia ? » Bon… L’histoire de Radiant se déroule dans un monde où les habitants vivent sur des îlots parmi les nuages et où il arrive que tombent du ciel des monstres dévastateurs appelés « némésis ». Les « infectés », des gens nommés ainsi parce qu’ils sont des sorciers ayant survécu au contact des némésis, sont craints au même titre que les monstres tout en étant les seuls êtres capables de les combattre. En effet, dans l’univers de Radiant, lorsqu’on a le malheur d’être à proximité d’un némésis au moment où celui-ci tombe du ciel, on développe d’étranges caractéristiques comme de petites cornes qui nous poussent sur le crâne ou des maux de tête qui nous affligent sans cesse. De plus, après avoir survécu au contact d’un némésis, les infectés se retrouvent capables d’utiliser la même mystérieuse énergie que les monstres manipulent pour tout détruire, soit le Fantasia. C’est dans ce cadre qu’on suit les aventures de Seth, un jeune apprenti sorcier, qui quitte son îlot pour apprendre à mieux manier le Fantasia et pour détruire le Radiant, qui serait le repère des némésis s’il fallait en croire la rumeur…

Crédit photo : Amalia Greve Danielsen

N’ayant lu que des traductions de mangas japonais avant Radiant, j’ai particulièrement aimé l’humour que l’on retrouve dans cette série écrite en français. De petits jeux de mots amusants ponctuent les dialogues, et plusieurs commentaires soufflés tout bas par les personnages ont réussi à me faire bien rire. Ces petites bulles d’humour étaient rafraîchissantes, et je les anticipais avec impatience plus j’avançais dans ma lecture. Par ailleurs, les nombreux personnages que l’on rencontre dans le livre, en particulier les amis et compagnons de Seth, sont tous très bien développés et ont un petit côté loufoque qui les rend très attachants, sans finir par devenir ridicules ou agaçants, comme c’est parfois le cas dans d’autres séries. Par exemple, Alma, la femme qui a élevé Seth, est un personnage sérieux et prudent, qui peut toutefois rapidement devenir une furie violente et effrayante ; malgré tout, l’auteur sait comment la rendre attachante, en particulier lorsqu’on la voit obligée de nettoyer les pots cassés après les nombreuses gaffes commises par Seth et qu’elle doive le réprimander en apparence rudement, même si on sait qu’elle agit ainsi par amour pour son protégé. Un de mes gags préférés du premier tome survient d’ailleurs lorsque, pour convaincre un autre sorcier qu’il connaît bel et bien la sévère Alma, Seth imite si bien la sorcière que son interlocuteur prend peur en reconnaissant la redoutable femme ! Ce que j’ai pourtant le plus aimé par rapport aux personnages de la série, c’est leur diversité ethnique et culturelle. Je croyais d’abord m’être trompée lorsque j’ai vu, dans le deuxième tome, le personnage d’une femme qui porte un voile ressemblant beaucoup à un hijab ! Même si, je l’espère, la situation tend à changer, il est encore rare que les œuvres populaires, qu’elles soient québécoises, françaises… ou japonaises (!), proposent et affirment une réelle diversité culturelle de leurs personnages. Et comme c’est répandu autant aux bandes dessinées qu’aux romans, au cinéma et à la télévision, ça peut vite devenir décourageant… C’est pourquoi j’ai a-do-ré retrouver dans Radiant une famille qui, même si elle se retrouve dans un monde complètement différent du nôtre, évoquait manifestement une famille arabe, peut-être musulmane ; bref, une famille normale ! J’ai senti que Tony Valente avait pris soin de travailler des thèmes conflictuels bien actuels, souvent tabous, comme le racisme et l’islamophobie, et ça m’a rassurée quant à la valeur profonde de la série. En se servant de l’humour et du divertissement propres à la culture pop, Radiant ose aborder ces thèmes, qui sont souvent évités ailleurs, sans doute de peur de déranger des lecteurs bien frileux… Cela fait en sorte que l’histoire de Radiant ne tourne pas seulement autour de quelques querelles faciles entre personnages, ce qui rend l’intrigue mille fois plus intéressante à suivre. L’approche de Tony Valente vient donc ébranler à sa façon le racisme systémique qui prévaut toujours dans certaines productions, et ça, ça me plait !

 

Tout cela étant dit, Radiant est vite devenu mon manga coup de cœur du moment, et je suis très heureuse d’en avoir fait la découverte. On y retrouve (littéralement) de tout, et la série nous fait ressentir bien des émotions, en passant par le rire, la frustration et la tristesse. Je suis convaincue que chacun peut y trouver quelque chose à son goût et j’ai très hâte de lire la suite, qui se poursuit au-delà du sixième tome, le plus récent à avoir été publié. En fait, la couverture du septième tome vient tout juste d’être présentée sur la page Facebook de Radiant, signe que de nouveaux tomes arrivent !

 


 

Amalia étudie en sciences de la nature, bien qu’elle ne cache à personne sa haine des maths. Elle préfère d’ailleurs se plonger dans un bon roman de fantasy ou dans un animé japonais. Dès le début de sa première année à Marianopolis, elle s’est rendu compte que, alors qu’elle venait de passer plusieurs années dans le système scolaire francophone, le français lui manquait déjà ! Elle s’est donc lancée dans quelques projets pour combler son manque, dont, en 2016, le Prix littéraire des collégiens, qui lui a permis d’aller à Québec pour représenter son collège dans le jury étudiant, puis, peu après, la création des Horizons imaginaires avec quatre autres étudiants et son enseignant de français. Elle adore donner des câlins à sa maman, lire et manger de la pizza (dans cet ordre) !

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