{"id":2344,"date":"2018-10-26T15:26:48","date_gmt":"2018-10-26T19:26:48","guid":{"rendered":"http:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/?p=2344"},"modified":"2018-10-26T15:26:48","modified_gmt":"2018-10-26T19:26:48","slug":"la-mort-nattend-personne-un-carnet-de-deuil-du-roman-they-both-die-at-the-end","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/2018\/10\/26\/la-mort-nattend-personne-un-carnet-de-deuil-du-roman-they-both-die-at-the-end\/","title":{"rendered":"La mort n\u2019attend personne : un carnet de deuil du roman They Both Die at the End"},"content":{"rendered":"<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<h2>Par Francesca Robitaille<\/h2>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.harpercollins.com\/9780062457790\/they-both-die-at-the-end\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>They Both Die at the End<\/em><\/a> est un roman de science-fiction pour jeunes adultes d\u2019Adam Silvera, paru en 2017 aux \u00e9ditions HarperTeen. Il a tout d\u2019abord capt\u00e9 mon attention avec son titre choquant lorsque je l\u2019ai vu dans les photos de bookstagrammers \u00e0 l\u2019automne 2017, puis quand il a fait son apparition chez moi au No\u00ebl suivant (gros merci \u00e0 mes parents). Les critiques \u00e9taient pour la plupart positives en d\u00e9pit du titre qui r\u00e9v\u00e8le le <em>punch<\/em> de l\u2019histoire. C\u2019est fort probablement la principale raison pour laquelle le titre attirait autant les lecteurs\u00a0: comment peut-on lire un roman dont on conna\u00eet la fin sans toutefois perdre de l\u2019int\u00e9r\u00eat?<\/p>\n<p>Tr\u00e8s facilement, en fait.<!--more--><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 Mateo et Rufus, les personnages principaux, ce roman nous accroche d\u00e8s les premi\u00e8res lignes et ne nous rel\u00e2che jamais compl\u00e8tement. Ces deux jeunes, en fin d\u2019adolescence, doivent subitement faire face \u00e0 une nouvelle r\u00e9alit\u00e9\u00a0: leur vie prendra in\u00e9luctablement fin au courant de la journ\u00e9e suivante. Ils se retrouvent pour la vivre ensemble \u00e0 travers le r\u00e9seau social <em>Last Friend<\/em>, destin\u00e9 \u00e0 relier les prochains morts \u2013 les \u00ab Deckers \u00bb, comme on les appelle \u2013 qui recherchent une nouvelle connaissance. Les deux gar\u00e7ons sont avertis de tout cela par Death-Cast, l\u2019organisme responsable de notifier les mourants. Outre cela, le monde de Mateo et de Rufus est relativement semblable au n\u00f4tre\u00a0: l\u2019\u00e9conomie s\u2019est organis\u00e9e autour de ce nouveau fait majeur pour offrir aux Deckers des \u00ab\u00a0exp\u00e9riences de vie\u00a0\u00bb, telles que des sauts en parachute et des voyages aux quatre coins du monde, sans encourir le danger ou perdre du temps pr\u00e9cieux.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"attachment_2347\" style=\"width: 710px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2347\" class=\"wp-image-2347\" src=\"http:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/Image_from_iOS_1_-300x225.jpg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"525\" srcset=\"https:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/Image_from_iOS_1_-300x225.jpg 300w, https:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/Image_from_iOS_1_-768x576.jpg 768w, https:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/Image_from_iOS_1_-1024x768.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><p id=\"caption-attachment-2347\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Cr\u00e9dit : Francesca Robitaille<\/strong><\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L\u2019histoire demeure heureuse et agr\u00e9able malgr\u00e9 l\u2019enjeu lourd qu\u2019elle porte, et elle nous entraine dans un faux sentiment de s\u00e9curit\u00e9. L\u2019espoir d\u2019une fin heureuse semble \u00e0 port\u00e9e de main; plus les pages se tournent, plus l\u2019anticipation monte. L\u2019exp\u00e9rience est tr\u00e8s similaire \u00e0 la premi\u00e8re lecture d\u2019un roman de John Green\u00a0: quelqu\u2019un va mourir, bient\u00f4t, et malgr\u00e9 cela, je me suis attach\u00e9e aux personnages. Donc, je vais pleurer \u00e0 un moment donn\u00e9 dans ma lecture, c\u2019est certain, m\u00eame si je ne sais pas n\u00e9cessairement \u00e0 quel moment exactement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ce r\u00e9cit poignant s\u2019est incrust\u00e9 tout au fond de mon c\u0153ur, et il y a plac\u00e9 c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te le sentiment de la perte et celui de l\u2019espoir. Il m\u2019a \u00e9t\u00e9 un rappel qu\u2019une perte n\u2019a pas \u00e0 \u00eatre suivie par un remplacement, mais plut\u00f4t que quelque chose de tout aussi beau et unique attend ailleurs. Et pour r\u00e9pondre \u00e0 la question implicite\u00a0: oui, j\u2019ai pleur\u00e9. Toutefois, en y r\u00e9fl\u00e9chissant, je ne pense pas que j\u2019ai pleur\u00e9 pour les raisons auxquelles je m\u2019\u00e9tais attendue.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La mort d\u2019un jeune provoque une tristesse particuli\u00e8re, car on pleure toutes les possibilit\u00e9s qu\u2019il n\u2019exp\u00e9rimentera jamais. Dans le cas de Mateo et de Rufus, l\u2019annonce de leur mort prochaine entra\u00eene d\u2019abord des sentiments n\u00e9gatifs comme la peur, la col\u00e8re et la tristesse, et ce autant chez eux que chez les lecteurs. Or, malgr\u00e9 l\u2019aspect terrible et implacable du syst\u00e8me qui les avertit de leur mort, c\u2019est ce m\u00eame syst\u00e8me qui leur permet de conserver l\u2019espoir de finir leur vie en beaut\u00e9. Leurs aventures ne sont pas toutes r\u00e9ussies, mais tous deux affrontent leurs peurs, font leurs adieux et d\u00e9couvrent des merveilles, ensemble, au plus profond d\u2019eux-m\u00eames. Ultimement, ils r\u00e9ussissent \u00e0 faire en une derni\u00e8re journ\u00e9e ce que nous cherchons \u00e0 accomplir durant toute notre vie\u00a0: appr\u00e9cier la vie et tous ses al\u00e9as.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"attachment_2346\" style=\"width: 710px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2346\" class=\"wp-image-2346\" src=\"http:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/Image_from_iOS_2_-300x225.jpg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"525\" srcset=\"https:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/Image_from_iOS_2_-300x225.jpg 300w, https:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/Image_from_iOS_2_-768x576.jpg 768w, https:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/Image_from_iOS_2_-1024x768.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><p id=\"caption-attachment-2346\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Cr\u00e9dit : Francesca Robitaille<\/strong><\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La science-fiction tend souvent \u00e0 avertir les gens de probl\u00e8mes \u00e0 venir\u00a0: si on ne fait pas attention \u00e0 ceci ou \u00e0 cela, on finira dans la pire des soci\u00e9t\u00e9s. On nous abreuve de romans dystopiques, qui sont toujours bien pr\u00e9sents dans les librairies. Je ne m\u2019en plains pas, puisque certains de mes romans pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s mettent en sc\u00e8ne des dystopies. Par contre, j\u2019aime l\u2019approche plus intimiste et optimiste d\u2019Adam Silvera, qui r\u00e9ussit \u00e0 sonner l\u2019alarme et \u00e0 nous rappeler que la vie peut nous \u00e9chapper si on oublie de l\u2019appr\u00e9cier simplement pour ce qu\u2019elle a \u00e0 nous offrir, ce qui semble trop souvent le cas. Je crois d\u2019ailleurs mieux saisir la port\u00e9e de tout cela maintenant, puisque j\u2019ai r\u00e9cemment \u00e9t\u00e9 initi\u00e9e \u00e0 la \u00ab vie adulte \u00bb par un emploi classique du style 9 \u00e0 5, lundi au vendredi. Sans aller jusqu\u2019\u00e0 dire que je n\u2019aime pas ce que j\u2019y fais en g\u00e9n\u00e9ral, il reste que c\u2019est tout un choc de constater \u00e0 quel point on peut facilement tomber dans un pi\u00e8ge. J\u2019ai r\u00e9alis\u00e9 que je ne prenais pas le temps d\u2019appr\u00e9cier ce que je faisais au travail, et pourtant, j\u2019aime ce que je fais! J\u2019essayais toujours d\u2019aller plus rapidement, d\u2019\u00eatre plus efficace. D\u2019\u00eatre productive. Et soudain, les semaines sont devenues des mois, et laiss\u00e9e \u00e0 moi-m\u00eame, je cherchais o\u00f9 les jours \u00e9taient pass\u00e9s et je r\u00e9alisais que je ne les r\u00e9cup\u00e8rerai jamais.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Mais je peux toujours sauver ceux devant moi.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ainsi, <em>They Both Die at the End<\/em> n\u2019est pas un roman triste; c\u2019est un roman heureux, plein d\u2019espoir pour ses lecteurs. Selon moi, c\u2019est ce qui en fait sa plus grande beaut\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"attachment_2348\" style=\"width: 710px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2348\" class=\"wp-image-2348\" src=\"http:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/IMG_3342-300x300.jpg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"700\" srcset=\"https:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/IMG_3342-300x300.jpg 300w, https:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/IMG_3342-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/IMG_3342-768x768.jpg 768w, https:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/IMG_3342-1024x1024.jpg 1024w, https:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/IMG_3342-37x37.jpg 37w, https:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/IMG_3342-128x128.jpg 128w, https:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/IMG_3342-184x184.jpg 184w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><p id=\"caption-attachment-2348\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Cr\u00e9dit : Francesca Robitaille<\/strong><\/p><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 Par Francesca Robitaille \u00a0 They Both Die at the End est un roman de science-fiction pour jeunes adultes d\u2019Adam Silvera, paru en 2017 aux \u00e9ditions HarperTeen. 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