{"id":1984,"date":"2017-11-24T17:11:38","date_gmt":"2017-11-24T22:11:38","guid":{"rendered":"http:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/?p=1984"},"modified":"2017-11-25T10:43:12","modified_gmt":"2017-11-25T15:43:12","slug":"poesie-de-robots-et-folie-sagueneenne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/2017\/11\/24\/poesie-de-robots-et-folie-sagueneenne\/","title":{"rendered":"Po\u00e9sie de robots et folie saguen\u00e9enne"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Par collectif<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Alors que la fin de session s&rsquo;amorce pour les \u00e9tudiants des Horizons imaginaires, voici venu notre dernier article r\u00e9gulier de la saison, pour lequel deux \u00e9tudiants de l&rsquo;\u00e9quipe ont chacun lu un livre paru cet automne aux \u00c9ditions de La Peuplade, une maison reconnue pour la facture visuelle de ses ouvrages qui est toujours \u00e0 couper le souffle! Hao Chen s&rsquo;est familiaris\u00e9e avec le langage po\u00e9tique d&rsquo;Isabelle Gaudet-Labine, dont le recueil <em>Nous r\u00eavions de robots<\/em>\u00a0a l&rsquo;originalit\u00e9 de lier la po\u00e9sie \u00e0 des th\u00e8mes bien connus et appr\u00e9ci\u00e9s des r\u00e9cits de la science-fiction; Sylvain, quant \u00e0 lui, a plong\u00e9 dans l&rsquo;univers troublant et tremblant que Mathieu Villeneuve a \u00e9labor\u00e9 dans <em>Borealium tremens<\/em>, soit un Saguenay fantasm\u00e9 et d\u00e9rangeant \u00e0 souhait&#8230;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Et si nos publications vous manquent d\u00e9j\u00e0, sachez que nous ferons para\u00eetre un dernier petit mot vendredi prochain, qui fera le point sur nos r\u00e9centes activit\u00e9s, ainsi que sur ce qui s&rsquo;en vient en 2018 dans les territoires insolites des Horizons imaginaires! Entre-temps, suivez-nous sur les r\u00e9seaux sociaux pour tout savoir de nos activit\u00e9s en cours, que ce soit sur <a href=\"http:\/\/facebook.com\/horizonsimaginaires\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Facebook<\/a> ou sur <a href=\"https:\/\/www.instagram.com\/horizons_imaginaires\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Instagram<\/a>!<!--more--><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"attachment_1989\" style=\"width: 710px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1989\" class=\"wp-image-1989\" src=\"http:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/23960761_1546145508805998_704659472_o-300x225.jpg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"525\" srcset=\"https:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/23960761_1546145508805998_704659472_o-300x225.jpg 300w, https:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/23960761_1546145508805998_704659472_o-768x576.jpg 768w, https:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/23960761_1546145508805998_704659472_o-1024x768.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><p id=\"caption-attachment-1989\" class=\"wp-caption-text\"><strong>Cr\u00e9dit: Hao Chen He<\/strong><\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Un cauchemar humain<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Par <a href=\"http:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/nos-redacteurs\/petit-questionnaire-de-hao-chen-he\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Hao Chen He\u00a0<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>C\u2019est un apr\u00e8s-midi banal, un d\u00e9but de soir\u00e9e o\u00f9 la fin d\u2019automne se fait sentir. Bloqu\u00e9e sur la route, les derniers rayons du soleil m\u2019illuminant toujours la joue, j\u2019attends. Je suis fatigu\u00e9e, je veux me coucher. J\u2019aimerais avoir un t\u00e9l\u00e9porteur pour arriver chez moi en un instant. \u00abQuand vais-je arriver, quand vais-je arriver&#8230;\u00bb Pour me distraire, je d\u00e9cide de commencer \u00e0 lire <em>Nous r\u00eavions de robots<\/em> d\u2019Isabelle Gaudet-Labine. Je relis sa d\u00e9dicace, obtenue au lancement de La Peuplade: elle me souhaite un bon voyage dans le temps. Plut\u00f4t qu\u2019un t\u00e9l\u00e9porteur, c\u2019est maintenant une machine \u00e0 voyager dans le temps que j\u2019aimerais poss\u00e9der. J\u2019entame ma lecture.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Je n\u2019y comprends rien\u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Je suis d\u00e9\u00e7ue, je ne comprends rien au \u00abPass\u00e9\u00bb, premi\u00e8re section de son recueil de po\u00e9sie. Je l\u00e8ve les yeux et je r\u00e9alise que je suis la seule voyageuse dans l\u2019autobus en train de lire un livre &#8211; un livre papier, qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 pr\u00e9alablement t\u00e9l\u00e9charg\u00e9 sur une tablette. Autour de moi, les passagers sont riv\u00e9s \u00e0 leurs \u00e9crans, ignorant la beaut\u00e9 du ciel \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. Ma voisine envoie des sourires virtuels \u00e0 sa copine sans lui sourire pour vrai. Je replonge dans ma lecture: \u00abPr\u00e9sent\u00bb. Bon, l\u00e0, je saisis mieux ce que l\u2019auteure raconte. L\u2019envoi de courriels, la pr\u00e9sence sur les r\u00e9seaux sociaux: voil\u00e0, c\u2019est mon univers, je comprends enfin! Peut-\u00eatre que la lecture ne sera pas si difficile que \u00e7a, finalement. Et les robots prennent forment. \u00abFutur\u00bb. Le r\u00eave des robots se r\u00e9alise. L\u2019omnipr\u00e9sence de ceux-ci se fait sentir. Les humains sont devenus des robots, ou est-ce les robots qui sont devenus humains? Que vaut la vie quand la technologie disponible nous force \u00e0 vivre? Malgr\u00e9 le fait que la lecture de ce recueil m\u2019a pris moins d\u2019une heure, elle a fait na\u00eetre en moi de nombreux questionnements.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Au temps du \u00abPass\u00e9\u00bb, quelqu\u2019un raconte son enfance pass\u00e9e dans un champ: je sens la terre sous mes pieds, je vois le coucher du soleil et je go\u00fbte au pain fait maison. La voix qui parle &#8211; Isabelle elle-m\u00eame? &#8211; r\u00eave d\u2019\u00eatre po\u00e8te, mais c\u2019est l\u2019agriculture qui permet \u00e0 sa famille nombreuse de survivre. La vie est difficile pour ses parents, qui risquent de d\u00e9velopper des probl\u00e8mes de sant\u00e9 \u00e0 cause de leur m\u00e9tier. Elle r\u00eave de machines qui faciliteront ce travail, car elles lui offriront un futur plus joyeux. L\u2019espoir na\u00eff propre aux enfants est pr\u00e9sent dans cette section du recueil. Dans \u00abPr\u00e9sent\u00bb, elle est devenue une jeune femme qui vit dans une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 il y a une abondance de technologies avanc\u00e9es. La messagerie \u00e9lectronique permet une communication instantan\u00e9e, mais elle rar\u00e9fie \u00e9galement les contacts directs entre les individus. Les mots sont d\u00e9nu\u00e9s de sens. La conversation est r\u00e9duite \u00e0 l\u2019essentiel, soit au pratique seulement. Le monde est enferm\u00e9 dans cette plateforme que nous surnommons <em>Windows<\/em>: \u00abPar ces fen\u00eatres on ne voit pas\/le corps soulever la charrue\/mais le code c-h-a-r-r-u-e\u00bb (p. 41). Les humains vivent dans le virtuel et regardent le monde \u00e0 travers ces fen\u00eatres. Tout est facilement accessible; aucun besoin de se d\u00e9placer. Par contre, la solitude r\u00e8gne. Faire l\u2019amour est un moyen pour \u00e9chapper \u00e0 cette solitude. Puis vient le \u00abFutur\u00bb, alors que la po\u00e8te vit finalement dans le monde dont elle a r\u00eav\u00e9 depuis sa tendre enfance, mais le monde n\u2019est pas n\u00e9cessairement devenu meilleur. J\u2019ai l\u2019impression qu\u2019on y a commenc\u00e9 \u00e0 oublier les intentions initiales&#8230; \u00abTerritoires\/langues\/coutumes\/bazouk\u00e9s d\u2019argent\u00bb (p.66). Tout devient source de profit, et tout le monde veut en profiter. Son enfance dans les champs est un souvenir lointain, remplac\u00e9 par une soci\u00e9t\u00e9 faite d\u2019individus, o\u00f9 rien n\u2019importe plus que sa propre personne, \u00abDevant <em>je<\/em>\/derri\u00e8re <em>je<\/em>\/\u00e0 gauche \u00e0 droite <em>je<\/em>\u00bb (p.61). La technologie contr\u00f4le tout, m\u00eame la vie. Le silence r\u00e8gne, et ironiquement, l\u2019expression d\u2019un soi original dispara\u00eet. La possibilit\u00e9 de vivre plus longtemps est offerte \u00e0 tous, gr\u00e2ce \u00e0 la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration cellulaire. Qu\u2019est-ce qui nous diff\u00e9rencie alors des robots? Le froid, le silence, tout ce qui reste. Une identit\u00e9 propre \u00e0 chacun, une id\u00e9e mise \u00e0 l\u2019oubli.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Lorsque j\u2019ai lu ce livre pour la premi\u00e8re fois, j\u2019ai eu beaucoup de difficult\u00e9 \u00e0 comprendre ce que l\u2019auteure essayait de faire passer comme message. Par contre, apr\u00e8s deux ou trois relectures, j\u2019ai arr\u00eat\u00e9 de chercher \u00e0 <em>comprendre<\/em>. En me concentrant sur ce que le recueil me faisait ressentir, j\u2019ai remarqu\u00e9 des choses que je n\u2019aurais jamais vues si je m\u2019\u00e9tais fix\u00e9e uniquement sur ce que l\u2019auteure voulait que je sache; j\u2019ai r\u00e9alis\u00e9 qu\u2019on ne lit pas de la po\u00e9sie comme on lit un essai! J\u2019ai choisi d\u2019avoir ma propre interpr\u00e9tation des mots. La s\u00e9paration entre le \u00abpass\u00e9\u00bb, le \u00abpr\u00e9sent\u00bb et le \u00abfutur\u00bb s\u2019est alors av\u00e9r\u00e9e \u00eatre un choix ing\u00e9nieux. Cela permet au lecteur de clairement voir l\u2019\u00e9volution de la technologie et l\u2019effet que celle-ci a sur nous en tant qu\u2019humains, \u00e0 \u00e9poques interpos\u00e9es. Aussi, les sous-titres qui identifient chaque section du recueil nous indiquent notre propre \u00e9volution face \u00e0 la technologie. Dans le pass\u00e9, nous nous retrouvons principalement sur la terre; dans le pr\u00e9sent, nous mettons de la distance entre nous et la terre, comme un \u00e9quilibre entre la vie et la technologie; enfin, dans le futur, la technologie nous captive compl\u00e8tement &#8211; elle fait de nous des captifs, envahit enti\u00e8rement nos vies. Bref, <em>Nous r\u00eavions de robots<\/em> est un recueil de po\u00e8mes qu\u2019il faut prendre le temps de ressentir, \u00e0 l\u2019\u00e9criture ing\u00e9nieuse et surprenante; je vous en recommande fortement la lecture!<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id=\"attachment_1990\" style=\"width: 710px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-1990\" class=\"wp-image-1990\" src=\"http:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Borealium_Tremens_photo_Sylvain_Liu-300x225.jpg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"525\" srcset=\"https:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Borealium_Tremens_photo_Sylvain_Liu-300x225.jpg 300w, https:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Borealium_Tremens_photo_Sylvain_Liu-768x576.jpg 768w, https:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Borealium_Tremens_photo_Sylvain_Liu.jpg 960w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><p id=\"caption-attachment-1990\" class=\"wp-caption-text\">Cr\u00e9dit: Sylvain Liu<\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Folie bor\u00e9ale &#8211; mal\u00e9diction et d\u00e9mence du Nord<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Par <a href=\"http:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/nos-redacteurs\/petit-questionnaire-de-sylvain-liu\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Sylvain Liu<\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>C\u2019est par une froide matin\u00e9e d\u2019octobre que j\u2019ai re\u00e7u <em>Borealium tremens<\/em>, le premier roman de l\u2019auteur qu\u00e9b\u00e9cois Mathieu Villeneuve. La couverture du livre est d\u2019un bleu sombre qui rappelle les nuits d\u2019hiver, lorsque r\u00e9sonnent les sinistres croassements des corneilles. J\u2019avais froid \u00e0 force de regarder le roman.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>En tournant la page couverture, je me suis retrouv\u00e9 plong\u00e9 dans un sc\u00e9nario apocalyptique: une \u00e9pid\u00e9mie de tiques, des orignaux enrag\u00e9s qui menacent de renverser les imprudents qui osent s\u2019aventurer seuls sur les autoroutes, et un d\u00e9luge qui balaye toute la r\u00e9gion du Saguenay\u2026 Toutes ces menaces n\u2019\u00e9teignent cependant pas l\u2019ardent d\u00e9sir qu\u2019a David Gagnon de s\u2019installer sur sa terre ancestrale, dans la maison en ruine que lui a l\u00e9gu\u00e9e son grand-oncle, cette fameuse Maison Br\u00fbl\u00e9e situ\u00e9e au rang 7 de Saint-Christophe-de-la-Traverse.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>J\u2019ai tout de suite \u00e9t\u00e9 captiv\u00e9 par le d\u00e9but de l\u2019histoire. L\u2019intrigue semblait plut\u00f4t banale, mais j\u2019avais l\u2019impression qu\u2019en feuilletant les premi\u00e8res pages, je pouvais d\u00e9j\u00e0 ressentir la tension accumul\u00e9e que les quelque 300 pages suivantes allaient lib\u00e9rer. Quelque chose allait mal tourner, mais quoi? J\u2019ai continu\u00e9 ma lecture&#8230;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Nonobstant les terres gel\u00e9es et st\u00e9riles, le voisinage peu amical, les cadavres de corneilles qui pourrissent sur le rebord des fen\u00eatres et les fissures entre les planches de bois qui laissent p\u00e9n\u00e9trer dans la maison un vent glacial qu\u2019on croirait venir de l\u2019au-del\u00e0, David veut s\u2019\u00e9tablir dans la Maison Br\u00fbl\u00e9e avec l\u2019intention d\u2019y trouver la tranquillit\u00e9 qui lui permettrait de travailler sur son roman. Avec la petite ambition de devenir l\u2019auteur le plus influent du Saguenay, le jeune homme s\u2019att\u00e8le avec ferveur \u00e0 cette t\u00e2che sacr\u00e9e.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L\u2019ambition du personnage principal m\u2019a rappel\u00e9 mon engouement profond pour l\u2019\u00e9criture et mon grand r\u00eave d\u2019\u00e9crire un jour une histoire qui pourrait influencer des millions de lecteurs! Tout de suite, je me suis senti li\u00e9 au protagoniste. Mes mains ont continu\u00e9 de tourner les pages. La suite de l\u2019histoire, ainsi qu\u2019une tension grandissante, m\u2019ont peu \u00e0 peu \u00e9t\u00e9 d\u00e9voil\u00e9es \u00e0 travers une \u00e9criture \u00e0 la fois stylis\u00e9e et crue. Afin de mieux interpr\u00e9ter les voix qu\u2019il entend dans sa t\u00eate et d\u2019\u00e9tablir un contact avec les esprits de ses anc\u00eatres qui semblent toujours r\u00f4der sur les terres de la Maison Br\u00fbl\u00e9e, David Gagnon ne se prive pas de coca\u00efne, ce qui lui ouvre les portes de la perception &#8211; pour reprendre l\u2019expression de Huxley. Le sol peu fertile lui rapporte aussi une modeste r\u00e9colte de patates dont il se sert pour produire de la vodka dans la cave de la maison ancestrale. Afin de rendre justice \u00e0 la r\u00e9gion isol\u00e9e du Qu\u00e9bec o\u00f9 il s\u2019est install\u00e9, une r\u00e9gion qui devient un monde o\u00f9 le r\u00e9el se m\u00eale \u00e0 l\u2019irr\u00e9el, l\u2019alcool aux fantasmes, la coca\u00efne aux chagrins, le pr\u00e9sent au pass\u00e9 et les vivants aux morts, David d\u00e9cide d\u2019intituler son roman <em>Borealium tremens<\/em>, expression latine qui, par ses tremblements, \u00e9voque la folie bor\u00e9ale.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Malheureusement, les circonstances semblent tout faire pour s\u2019opposer au projet de l\u2019\u00e9crivain en herbe, voire l\u2019an\u00e9antir. Tout le monde du village, du maire au cur\u00e9, tente de le chasser de leur coin; les voix dans sa t\u00eate deviennent de plus en plus incompr\u00e9hensibles; et une ancienne proph\u00e9tie autochtone pr\u00e9sageant l\u2019actualisation d\u2019une terrible haine ancestrale sur toute la r\u00e9gion du Saguenay para\u00eet \u00eatre sur le point de se r\u00e9aliser. Jamais David n\u2019aurait pu imaginer combien le titre qu\u2019il avait donn\u00e9 \u00e0 son oeuvre \u00e9tait proche de la r\u00e9alit\u00e9 qu\u2019il vivrait malgr\u00e9 lui&#8230;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il \u00e9tait deux heures du matin lorsque j\u2019ai termin\u00e9 ma lecture. J\u2019ai rabattu la derni\u00e8re page du roman, les mains moites de sueur, presque tremblantes. Je n\u2019ai pas bien dormi cette nuit-l\u00e0, et je vous souhaite de passer une aussi mauvaise nuit \u00e0 votre tour!<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>R\u00e9vision: YinNan Huang et Mathieu Lauzon-Dicso<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Par collectif &nbsp; Alors que la fin de session s&rsquo;amorce pour les \u00e9tudiants des Horizons imaginaires, voici venu notre dernier article r\u00e9gulier de la saison, pour lequel deux \u00e9tudiants de l&rsquo;\u00e9quipe ont chacun lu un livre paru cet automne aux \u00c9ditions de La Peuplade, une maison reconnue pour la facture visuelle de ses ouvrages [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":1988,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[52],"tags":[289,91,286,285,287,292,288,290,90,291,259,95],"class_list":["post-1984","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-romans-et-bandes-dessinees","tag-borealium-tremens","tag-fantastique","tag-isabelle-gaudet-labine","tag-la-peuplade","tag-mathieu-villeneuve","tag-nord","tag-nous-revions-de-robots","tag-poesie","tag-quebec","tag-robots","tag-roman","tag-science-fiction"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1984","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1984"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1984\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1993,"href":"https:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1984\/revisions\/1993"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1988"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1984"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1984"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianopolis.edu\/horizonsimaginaires\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1984"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}